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Ardbeg Uigeadail, NAS, 54.2% (OB)

5 Avril 2014, 19:49pm

Publié par Bishlouk

Ardbeg Uigeadail, NAS, 54.2% (OB)

Encore de la tourbe aujourd’hui, et pas n’importe laquelle : de l’Ardbeg ! La distillerie de l’île d’Islay championne de la tourbe goudronnée et du marketing de masse. Aurais-je un apriori négatif à son égard ? Oui, j’avoue. Je n’aime pas sa politique marketing de premiumisation à outrance et de ses prix prohibitifs qui vont avec. J’ai déjà peur de voir à quel prix le prochain Arbeg ‘’Auriverdes’’ (qui va bientôt arriver pour glorifier la fête de ballon rond brésilienne) sera proposé.

Néanmoins, parfois, il y a un embouteillage Ardbeg qui sort du lot de par son rapport qualité / prix qui ne frôle pas avec l’escroquerie.

Cet Ardbeg Uigeadail est, d’après ce qu’un représentant de la distillerie m’a dit au Whisky Live de Spa en février, un assemblage de fûts de 11, 12 et 13 ans ; avec aussi quelques fûts des années ’80. C’est étonnant que l’âge des fûts les plus jeunes (11 dans ce cas) ne soit pas mentionné sur la bouteille, si c’est vraiment la réalité. Laissons néanmoins le bénéfice du doute à ce représentant…

L’Uigeadail est un embouteillage qui existe depuis plusieurs années dans la gamme officielle d’Ardbeg. Plusieurs batches sortent chaque année. Et donc, parfois, il faut être à l’affût pour savoir quel batch est meilleur qu’un autre. Exercice difficile s’il en est.

Le batch dont je vous propose la note de dégustation aujourd’hui date de 2012, la bouteille portant le code L12 114. Si vous décidez de vous acheter une bouteille suite à la lecture de ma note, dites-vous bien que le batch que vous aurez sera peut-être légèrement (voire très) différent.

  • Nez : Hyper puissant, le whisky dans le verre se sent à un mètre ! Très fumé, un poil goudronné (mais à peine). Un bouquet d’épices poivrées, du tabac sec, des cendres chaudes. Des notes de levures apparaissent par la suite.
  • Bouche : Ca arrache, c’est le moins qu’on puisse dire ! La tourbe fumée et cendrée domine d’entrée. La seconde gorgée se veut plus douce, le palais s’étant habitué à cette charge héroïque fumée. La touche de sherry essaie de se frayer un passage sucré, avant d’être balayée par le poivre qui martèle la langue.
  • Finale : Longue. Une amertume boisée se colle au palais. Le poivre envahit la gorge, tandis que des nuages de fumée persistent en bouche. Et de temps en temps, une légère douceur fugace essaie de passer furtivement.
  • Verdict : Ce n’est clairement pas un whisky pour débutant. Il est puissant, vif, rentre dedans. Certains pourraient le taxer d’être agressif. Ce sont toutes ces saveurs qui sont puissantes, et non pas l’alcool qui est bien équilibré. La couche de sherry n’est pas très présente et n’apporte ‘’que’’ quelques relents de douceur (dans ce monde de brute) de ci de là qui sont néanmoins plus que les bienvenus.

88/100.

Disponible facilement sur les webshops et chez les cavistes physiques, à partir d’une petite soixantaine d’euros. Attention néanmoins, le batch et le code bouteille n'est jamais indiqué sur les webshops; vous aurez la surprise en recevant le colis contenant la bouteille.