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Le whisky en 2016: mon bilan de l'année écoulée

31 Décembre 2016, 08:55am

Publié par Bishlouk

Halala... J'avais tellement de choses à dire l'an passé, dans mon bilan 2015...

 

Quand je regarde dans le rétroviseur braqué sur 2016, je me rends compte que je pourrais presque faire un copier/coller de mon bilan de l'an dernier. La seule différence étant que (presque) tout s'est accentué.

 

 

L'invasion du NAS:

On peut copier/coller. Sauf que cette année la NASIsation a commencé à toucher de façon notable les embouteilleurs indépendants qui proposent non seulement des whiskies de plus en plus jeunes, mais aussi des sans âges indiqués.

Le rajeunissement global et les distilleries moins renommées chez les indépendants:

On peut copier/coller. Des whiskies de plus en plus jeunes en IB (oserais-je nommer les jeunes Caol Ila de 2007 / 2008, par palettes entières ?). Et les mêmes distilleries dont les embouteillages hasardeux non envahissent. Ben Nevis, Speyside Distillery, Bunnahabhain. En cette fin d'année 2016, ce sont des brouettes de Ballechin qui se déversent sur nous; non seulement des officiels / Signatory, mais aussi chez d'autres embouteilleurs (comme Van Wees par exemple).

Le retour du blend:

On peut copier/coller. De plus en plus de blends apparaissent chez les embouteilleurs indépendants. Pour le moment la plupart affiche encore un âge vénérable, mais la tendance genre XO (Xtra Old... mouais, ça ne me parle pas, quoi) ou sans âge commence à grandir.

Les prix qui flambent:

La question qui continue de fâcher les amateurs. Non seulement on peut copier/coller, mais c'est bien pire que l'an dernier. Malgré un événement marquant qui s'est passé en 2016 et qui aurait dû, en théorie, si pas inverser la tendance au moins la stabiliser: le Brexit.

En effet, le Brexit a engendré une grosse gamelle de la Livre Sterling par rapport à l'Euro. "La bonne affaire, le whisky va coûter moins cher !".

C'est vrai si on achète son whisky directement à des webshops basés aux Royaumes Unis et affichant des prix en Livre Sterling. Une bouteille à £100 nous coûtait 140 euros il y a un an. Une bouteille à £100 nous coûte aujourd'hui 115 euros. Le calcul est vite fait.

 

Étant donné que le prix du whisky écossais se négocie en Livre Sterling, on aurait pu croire que les distributeurs qui achètent les bouteilles là-bas pour les revendre ici et les embouteilleurs qui achètent leurs fûts à embouteiller s'y retrouveraient et pourraient eux aussi répercuter cette différence de prix due à la conversion £ --> € sur le prix final en boutique. Et c'est là qu'on constate que non seulement ce n'est pas le cas, mais qu'en plus les prix ont de nouveau fait un gros bond vers le haut, parfois de plus de 30% !! Là, je ne comprends plus rien, surtout qu'on ne peut même pas blâmer les accises et les taxes puisqu'il n'y en a pas eues de nouvelles depuis le Brexit ! Il serait bienvenu que certains professionnels du secteur s'expliquent sur cette question, car ça me paraît bien flou et ça suscite même pas mal de suspicions en ce qui me concerne.

 

Bref, le whisky est encore (beaucoup) plus cher fin 2016 que fin 2015 ! :-(

Les tendances pour l'avenir:

On peut copier/coller. Aucun gros crash imminent encore, c'est toujours l'El Dorado pour le whisky. Nous ne sommes pas encore en 2020, ceci dit.

Sauf que... de plus en plus de vrais amateurs en ont marre de grogner sur les prix délirants et plaquent le whisky pour se tourner vers d'autres passions, qu'elles soient spiritueuses ou non. Et je me comprends dedans, ma passion pour le single malt s'effrite de plus en plus.

Sauf que... de plus en plus d'embouteilleurs indépendants proposent d'autres spiritueux dans leur portfolio, que ce soit du rhum, du Cognac, ou du gin, ou autre. Ils se rendent compte que la situation ne pourra pas durer indéfiniment et amorcent déjà pleinement le virage de la reconversion.

Et moi alors, dans tout ça ?

Le goût amer que j'avais en bouche l'an passé s'est peu à peu transformé en fatalisme. Oui je continue de beugler sur les prix pratiqués (et ça ne risque pas de changer), mais sur le plan personnel je me penche de moins en moins sur plein de bouteilles. "Quel âge ? 20 ans ? Quel prix ? 200 boules !! Mouhahaha..." Et je la repose, même pas envie de goûter, encore moins envie d'en parler sur le Blog. Aucune envie de parler ou de défendre un produit (au sens général du terme) auquel je ne crois pas... auquel je ne crois plus. Je deviens fataliste, débrouillez-vous avec vos bouteilles pour gogos fortunés; je m'en lave les mains. En 2017, je ne m'intéresserai (avec objectif d'achat éventuel) qu'aux bouteilles qui ont un rapport qualité / âge / prix acceptable. Et donc forcément, j'achèterai beaucoup moins. De moins en moins... Pour finir par ne plus rien acheter du tout d'ici deux ans je pense. Voilà, l'échéance je la pose là hein... Deux ans. Ça me laisse quand même un peu de temps pour vous parler de choses et d 'autres. Mais les publications sur le Blog risquent de s'espacer de plus en plus, du coup.

 

En 2017, je vais probablement, outre freiner mes achats (encore plus qu'en 2016), freiner mes déplacements divers "longue distance" en festivals et autres tastings et me recentrer sur moi-même. J'ai néanmoins un gros projet whisky pour 2017, une quête initiatique, un pèlerinage: 10 jours à Campbeltown ! Et bien évidemment, je relaterai (à posteriori) mon périple sur le Blog. Histoire de boucler la boucle.

Et mes coups de coeur de 2016, alors ?

J'ai quand même goûté (et acheté) de très bonnes choses en 2016. Je n'ai pas goûté au cours de cette année que des choses embouteillées en 2016, mais il me semble logique de ne sélectionner dans mon top 5 que des whiskies embouteillés dans l'année écoulée.

Le whisky en 2016: mon bilan de l'année écoulée

1. Littlemill 11.1984 / 2016 The Cooper's Choice, The 2nd Release – Specially Selected for La Boutique du Chemin, 32 ans, Bourbon Cask 3898, 46.9%, 235 bouteilles – (92/100).

Cette année-ci, c'est un Littlemill qui se hisse en haut du podium. Sûrement la dernière année où c'était possible, d'ailleurs, les prix étant devenus tellement délirants.

Ce Littlemill-ci a évidemment une place à part dans mon coeur, puisque j'ai sélectionné le fût. Mon numéro 1 est donc complètement subjectif, na ! Mais je l'ai quand même coté 92 (et je pense avoir été honnête dans ma cotation, sans le surcoter), place méritée sur ce podium.

Hé oui, "seulement" un 92 en première place. Aucun 93/100 dans ce que j'ai goûté cette année. Suis-je devenu trop difficile, ou la qualité globale a-t-elle encore baissé ? C'est la question qu'on peut se poser chaque année, et qui n'aura probablement pas encore de réponse en cette fin 2016.

 

2. Kilkerran 12 ans, 46% (OB) – (89/100).

Un Kilkerran était premier l'an passé, un Kilkerran est second cette année-ci. Sans conteste possible le meilleur rapport qualité / prix de l'année, un whisky fort bien abouti vendu pour moins de 50€ à sa sortie. Un profil rustique comme je les aime. Bref, une réussite, bravo Glengyle.

Si cette année il n'est pas numéro 1, malgré la même cote que le WIP7 en fût Bourbon, c'est que je trouvais quand même le WIP7 plus savoureux; ce 12 ans-ci souffrant peut-être (très peu) de la réduction à 46%.

 

3. Inchmurrin 1984 / 2016 The First Editions, 31 ans, Refill Barrel HL12431, 47.4%, 87 bouteilles – (90/100).

L'OVNI de l'année, la surprise totale, le whisky improbable. On serait passé 30 fois à côté sans même s'en apercevoir, le nom Inchmurrin ne faisant rêver personne. Et pourtant, en le goûtant, on ne peut qu'être conquis. Tous ceux à qui je l'ai fais goûter ont été séduit (et un nombre non négligeable en a même acheté une bouteille), d'ailleurs.

Je vais surveiller de près les vieux Inchmurrin qui sortiront dans l'avenir.

 

4. Springbank 16 ans Local Barley, 1999 / 2016, 54.3%, 9000 bouteilles (OB) – (90/100).

LE whisky qui a fait le buzz en début d'année. Unanimement plébiscité et bien accueilli, on se l'est arraché. C'est la première fois que j'ai eu autant de mal pour me procurer une bouteille.

Non seulement je l'ai apprécié à l'ouverture de la bouteille, mais il a merveilleusement évolué. Si sur le plan personnel je lui avais attribué un 89/100 (voir ma publication de l'époque), je revois largement ma copie en cette fin d'année tellement il me plaît de plus en plus: je lui attribuerais un bon 91/100 sur la bouteille ouverte depuis un bout de temps et "aérée".

 

5. Dalmore 25 ans Cadenhead's Single Cask, 1990 / 2016, Sherry Butt, 56.3%, 474 bouteilles – (90/100).

Une année sans Cadenhead dans mon classement aurait été bien morne, pas vrai ? Et pourtant, les deux seules bouteilles parmi celles que j'ai pu goûter chez Cadenhead et qui m'ont vraiment marqué en 2016 sont ce Dalmore-ci et le Caol Ila 36 ans Authentic Collection (mais qui était hors budget pour moi).

Si j'ai choisi ce Dalmore dans ce top 5, c'est qu'il est rare de trouver un Dalmore aussi bon (désolé de le dire, mais les Dalmore officiels sont quand même pas terrible du tout, hein. Et non, je ne parle pas de la série Constellation qui est hors catégorie), en brut de fût, et à un prix aussi attractif à sa sortie. J'ai vraiment été étonné et séduit, ce qui lui vaut sa place dans ce top 5.

 

 

Mon choix de ces 5 bouteilles s'est plus ou moins facilement imposé de lui même à moi; sans même trop me creuser la tête. J'ai pourtant croisé d'autres whiskies qui m'ont laissé bonne impression, il y a pas mal de bouteilles qui se retrouvent au pied du podium mais qui méritent une mention; comme par exemple (sans ordre particulier)

  • le Caol Ila 36 ans Cadenhead's Authentic Collection
  • le Lochside 1967 The Cooper's Choice
  • les Golden Grain de chez The Cooper's Choice
  • le premier Littlemill 1984 The Cooper's Choice sélectionné en début d'année par (entre autres) votre serviteur
  • les Caol Ila 1984 Cadenhead
  • le Ballechin 12 ans Signatory Vintage pour la Belgique (un autre OVNI inattendu)
  • le Glenrothes 19 ans en fût de Sherry de chez Claxton's (dont je n'ai pas encore parlé sur le Blog, ce sera le cas début 2017).

En voyant ces mentions, le nom The Cooper's Choice saute aux yeux. En effet, je trouve que cet embouteilleur a sorti une belle pelletée de belles bouteilles, très qualitatives, et l'un dans l'autre à un prix honnête par rapport à la qualité et à l'âge affiché. Oui, le Lochside 1967 reste une bouteille onéreuse, mais chez n'importe quel autre embouteilleur elle aurait été beaucoup plus chère.

Il est aussi vrai, et je l'admets sans ombrage et en pleine transparence: j'ai des facilités pour goûter les nouveaux embouteillages The Cooper's Choice, ce qui me permet de tout passer en revue et de ne rater aucune bonne bouteille. Ce n'est évidemment pas le cas chez les autres embouteilleurs et distributeurs d'embouteillages officiels, je passe donc à côté de beaucoup de choses chez ceux-ci. Mais c'est le jeu ma bonne Lucette: si je ne peux pas goûter, je ne peux pas en parler; et je ne peux parler que de ce que j'ai goûté. CQFD.

En conclusion...

Mine de rien, on arrive encore plus ou moins à trouver des bouteilles à son goût pour un budget qui nous est acceptable (chacun ayant le sien, bien évidemment). Mais on doit, de plus en plus, faire l'impasse sur de plus en plus de bouteilles qui sont hors budget. Cette année 2016 était moins bonne en terme de qualité / âge / prix que ne l'était 2015, mais sera fort probablement meilleure que ne sera 2017 sur ce même point. D'où l'échéance de deux ans que je me suis posée, car je suis de plus en plus persuadé que je ne pourrai pas suivre le mouvement et que ma frustration ne fera que grandir.

 

Je vous souhaite à tous et toutes (même aux rageux qui ne me portent pas dans leur cœur, désolé les gars mais si vous ne savez pas supporter les personnes qui disent ce qu'elles pensent et des vérités qui font mal, commencez donc par vous remettre en question :-) ) une excellente année 2017, remplie de bons whiskies qui correspondront à vos critères personnels.

Le whisky en 2016: mon bilan de l'année écoulée